mardi 28 janvier 2020

Les toxi-infections alimentaires collectives


Lezzar A, Kaoueche O, Achat A, Laouar H, Benkhemissa M, Bentchouala C, Benlabed K.

Service de Microbiologie, CHU Ibn Badis Constantine.

 

RÉSUMÉ :
Les Toxi-Infections Alimentaires Collectives (TIAC) sont des maladies émergentes responsables d’une mortalité importante dans les pays en voie de développement. Dans les pays occidentaux, elles sont associées à une morbidité importante, mais sont le plus souvent bénignes. Leur fréquence reste élevée malgré les mesures de surveillance et de prévention prises au niveau de la production, de la distribution et de la conservation des aliments. La définition de stratégies de prévention de leur transmission est nécessaire devant le coût humain et financier qu’elles représentent. Les TIAC posent un véritable problème de santé publique. Ce sont des maladies transmissibles à déclaration obligatoire. Elles sont le plus souvent d’origine bactérienne, parasitaire, virale et non conventionnelle dont la transmission est d’origine alimentaire ou hydrique. Les micro-organismes les plus incriminés sont surtout les salmonelles non typhiques (Enteritidis et Typhimurium), Staphylococcus aureus et Clostridium perfringens,transmis par la consommation de viande peu cuite (bœuf cru, volailles), voire de légumes crus, de produits de la mer, de dérivés laitiers et d’œufs. Les TIAC peuvent se manifester par de la fièvre, vomissements et diarrhées d’évolution le plus souvent favorable en 2-3 jours. L’examen des selles, des aliments et des vomissements reste le plus demandé, complété par des techniques rapides de biologie moléculaire. L’utilisation systématique des antibiotiques n’est pas indiquée sauf sur certains terrains vulnérables (les extrêmes de l’âge et l’immuno-incompétence). La réhydratation reste la base de la thérapeutique. Le strict respect de l’hygiène des cuisines, des pratiques de restauration et la surveillance médicale du personnel de la chaîne alimentaire (restauration, cuisine, cantine) doit être prévue et comporte l’éviction, la prise en charge et le traitement des sujets présentant une infection cutanée, rhino- ou oro-pharyngée ou digestive. Le contrôle de ces infections reste un objectif prioritaire en termes de veille sanitaire et de sécurité alimentaire.

Mots clés : Toxi-infection alimentaire collective, Diarrhée aiguë, Maladies émergentes, Sécurité alimentaire, Epidémiologie, Surveillance.



ABSTRACT : COLLECTIVE FOOD POISONING.
Collective food poisoning (CFP) is an emerging disease that causes significant mortality in developing countries. In Western countries, they are associated with significant morbidity, but are most often benign. Their frequency remains high despite surveillance and prevention measures taken in the production, distribution and preservation of food. The definition of strategies to prevent their transmission is necessary in front of the human and financial cost they represent. CFPs pose a real public health problem. These are communicable diseases that must be reported. They are most often of bacterial, parasitic, viral and unconventional origin whose transmission is of food or waterborne origin. The most incriminated microorganisms are mainly non-typhoid salmonella (Enteritidis and Typhimurium), Staphylococcus aureus and Clostridium perfringes, transmitted by the consumption of undercooked meat (raw beef, poultry) or raw vegetables, seafood product, dairy derivatives and eggs. CFPs can be manifested by fever, vomiting and diarrhea of evolution most often favorable in 2-3 days. Examination of stool, food and vomiting remains the most requested, supplemented by rapid techniques of molecular biology. Systematic use of antibiotics is not indicated except on certain vulnerable sites (extremes of age and immuno-incompetence). Rehydration remains the basis of therapy. The strict respect of the hygiene of kitchens, the practices of restoration and the medical supervision of the personnel of the food chain (restoration, kitchen, canteen) must be foreseen and involves the eviction, the care and the treatment of the subjects presenting cutaneous, rhino or oropharyngeal or digestive infection. Control of these infections remains a priority objective in terms of health surveillance and food safety.

Key words: Toxi-Collective Food Infection, Acute Diarrhea, Emerging Diseases, Food Safety, Epidemiology, Surveillance.