samedi 19 septembre 2020

L’entérocoque au CHU de Constantine et sa résistance aux antibiotiques


Laouar H(1,2), Smati F(1,2), Benlabed K(1,2).
1) Faculté de Médecine de Constantine.
2) Service de Microbiologie,CHU de Constantine.
E-mail: lhoucine25@gmail.com

E-mail: kbenlabed@yahoo.fr

 

RÉSUMÉ :
Bien que les entérocoques soient relativement peu virulents, leur incidence dans les infections nosocomiales est en progression depuis les années 80. Ces bactéries, naturellement peu sensibles à de nombreux antibactériens, ont développé  des résistances à la plupart des antibiotiques tels que les bêtalactamines, les aminosides et récemment les glycopeptides. Cette étude a été entreprise pour évaluer la résistance aux antibiotiques des souches d’entérocoque isolées au CHU de Constantine. Ce travail a porté sur 349  souches d’entérocoque isolées de différents produits pathologiques collectés au Service de Microbiologie. L’identification a été réalisée essentiellement par des mini-galeries API20 STREP (Bio-Mérieux). La sensibilité aux antibiotiques a été déterminée par la technique de diffusion sur milieu gélosé selon les recommandations du CLSI (Clinical and Laboratory Standards Institute). Les gènes conférant la résistance aux aminosides, aux cyclines, aux macrolides, aux glycopeptides et au triméthoprime  ont été  recherchés par PCR chez des souches résistantes à ces antibiotiques ou suspectées de l’être. Pour les résultats de notre étude, la majorité de nos souches est isolée des hémocultures  (37%), des pus (26.1%) et des urines (13.8%). E.faecalis est l’espèce la plus fréquemment isolée (82%), suivi par E.faecium (16.6%). Les autres espèces : E.casseliflavus, E.durans, E.hirae et E.avium  représentent moins de 2%. Toutes les souches d’E.faecalis de notre série sont sensibles à l’ampicilline contrairement à celles d’E.faecium qui y sont résistantes. Les taux de résistance aux antibiotiques des souches d’E.faecalis et d’E.faecium étaient respectivement: gentamicine 14.3% et 39.7%, érythromycine 75.9% et 96.6%, tétracycline 74.8% et 70.4%, chloramphénicol  33,2% et 24,1% et lèvofloxacine 14,3% et 39,7%.  Le gène  aac (6’)-Ie-aph (2’’)-Ia  a été caractérisé chez  40 souches sélectionnées pour leur résistance de haut à la gentamicine. Aucun des gènes responsables de la résistance aux glycopeptides (VanA , VanB, VanD, VanE et VanG) n’a été retrouvé. En conclusion: les souches et particulièrement celles d’E.faecium étaient très résistantes aux antibiotiques. L’utilisation massive de la vancomycine pour traiter les infections dues à cette espèce va inéluctablement conduire à l’émergence des entérocoques résistants à cet antibiotique.
Mots clés : Entérocoque, Antibiotiques, Résistance.



ABSTRACT: ENTEROCOCCI IN THE UNIVERSITY HOSPITAL CENTER OF CONSTANTINE AND ITS RESISTANCE TO ANTIBIOTICS.
Although the enterococci are relatively mildly virulent, their incidence in nosocomial infections is progressing since the eighties. These bacteria, naturally mildly susceptible to many antibacterials, have developed resistances to most of antibiotics such as beta-lactamines, aminoglycosides and recently the glycopeptides. This study was conducted in order to evaluate the antibiotics resistance of the enterococci strains isolated in the University Hospital of Constantine. This study was conducted on 349 strains of enterococci isolated from different pathologic samples collected in the department of Microbiology. The identification was performed using the API20 STREP kits (Bio-Mérieux) and according to some bacteriologic characteristics. The antibiotics susceptibility was determined by the disk diffusion method according to the CLSI (Clinical and Laboratory Standards institute) recommendations. The genes conferring resistance to aminoglycosides, to tetracyclines , to macrolides and to glycopeptides and trimethoprim were researched using PCR in the strains that were resistant or suspected to be. Results: the majority of ours strains were isolated from blood cultures (37%), pus (26,1%) and urine (13,8%). E.faecalis is the most frequently isolated species (82%), followed by E.faecium (16,6%). The other species: E.casseliflavus, E.durans, E.hirae, and E.avium represent less than 2%. All the strains of E.faecalis from our series are susceptible to ampicillin contrary to those of E.faecium which are resistant. The antibiotics resistance rates of E.faecalis and E.faecium strains were respectively : gentamicin 14.3% and 39.7%, erythromycin 75.9% and 96.6%, tetracycline 74.8% and 70.4%, chloramphenicol 33,2% and 24,1% and levofloxacin 14,3% and 39,7%. The gene aac (6’)-Ie-aph (2’’)-Ia was characterized in 40 strains selected for their high resistance to gentamicin. None of the genes responsible for glycopeptide resistance (VanA ,VanB,VanD,VanE andVanG) were found. Conclusion: the strains and particularly those of E.faecium were very resistant to antibiotics.  The massive usage of vancomycin for treating the infections due to this specie will inevitably lead to the emergence of vancomycin resistance.
Key words : Enterococcus, Antibiotics, Resistance.